Elle attend

(Un écrit s'autorisant quelques libertés)

 

Elle a tout juste vingt ans.

Elle attend que le monde

A ses pieds soit grand,

Qu'il s'étende au- delà de l'horizon,

Comme un océan de révolte et de passion.

 

Elle a trente ans, la voilà maman.

Si fière en dedans,

Elle regarde son enfant pas encore grand,

Qui voudra un jour lui aussi,

Aller de l'autre côté de l'horizon

Et faire le grand voyage.

 

Le temps a passé.

Elle attend son enfant

Qu'elle n'a pas vu depuis si longtemps,

Qui a cru que pour être grand

Il fallait renier ses parents.

Elle rit pour les gens,

Mais pleure en dedans.

Survivante de sa triste vie,

La moitié de son âme s'est tarie.

 

Au crépuscule de sa vie

Elle n'attend plus son enfant.

 Le temps est assassin.

Elle sent qu'un voile obscur

La ralentit de plus en plus.

 

Le temps s'est arrêté.

Il est venu un peu hésitant.

Il a bien du mal à croire

Que ce corps, emmarbré

Dans un silence éternel,

Est celui qui lui a donné la vie.

 

Pourra t- il un jour comprendre

Que sans cette femme

Allongée sur un lit de fleurs,

Rien n'eût été possible ;

Que chacuns de ses matins se sont levés pour lui,

Qu'elle n'a jamais cessé de l'aimer,

Et qu'il en sera encore ainsi,

Au- delà de cette nuit sans fin

Qui s'est installée sur leurs rêves perdus.

 

 

MLD

Déposé le 12 août 2012

18 votes. Moyenne 5.00 sur 5.

Commentaires (15)

1. marielinedelay (site web) 22/10/2013

Merci Sabine,

De tes visites et de ce magnifique partage.
Beaucoup se retrouveront dans le reflet de Brigitte GIRAUD.

Au plaisir du reflet de tes mots à toi aussi.
Bises.
Marie-Line

2. sabine (site web) 22/10/2013

" Un jour, j'aperçois mon visage dans le miroir des toilettes du train. Je me dis, maintenant tu as cette tête-là.
Je fais connaissance avec cette personne qui est moi. J'accepte de la croiser chaque matin dans la salle de bains, de l'observer quand elle se brosse les cheveux. J'accepte de l'aider à ôter sa carapace. Ôter ses guêtres et sa peau de serpent. J'ose soutenir son regard. Je l'invite à s'installer. " Brigitte GIRAUD

Magnifique Marie-Line. Tout simplement sublime !. Ne doute pas toi aussi du reflet que tu vois dans ton miroir.

3. Nabil 28/02/2013

Chère Marie-Line très très beau ,une phrase touchante d'un ami qui m'est venu a l'esprit"pour les mamans ,je ne donnerai aucune recommandation ,car c'est inné ,c'est dans leurs gènes,elles sont une source inépuisable d'amour et de tendresse.L'instinct maternel est le meilleur rempart pour les enfants ."Amitié Au plaisir de te lire

4. Nathan 24/02/2013

Merci ma cher Marie- Line pour l'annonce de ton nouveau texte ,tu nous ouvre l'Appétit ,je sent qu'on va se régaler Bisous ABientôt

5. marielinedelay (site web) 23/02/2013

Bonjour Nathan,
C'est très gentil de prendre de mes nouvelles. Je te rassure tout va bien. Je reconnais que je paresse un peu (tu n'es pas le seul à me le dire !). Mais pas d'inquiétude, je ne vous oublie pas et j'ai un nouveau texte en préparation. Et toi Nathan, tu vas bien ?
Je te souhaite une Excellente Journée, ainsi que les suivantes. Bisous.

6. Nathan 22/02/2013

Cou Cou marie -Line ,on attend toujours de tes nouvelles ,tes ou ?bisou

7. Sandra Dulier (site web) 18/12/2012

J'en ai pleuré. Très émouvant celui-ci, Marie-Line. Chaque mot traduit une telle humanité. Je suis dans les "trente ans" mais je sais la route inexorable vers cette séparation... Profiter de chaque jour de ma vie de mère auprès de mon enfant.. Ce chemin est si court. Merci pour ce partage. Amitiés

8. NACHIDA 26/08/2012

je pense que le grand mtr a tt dit je v juste rajoute SEULES LES FEMMES ,les meres savent ce qu est le verbe attendre de luca

9. Brahim (site web) 24/08/2012

Chère Marie,

Merci pour la contribution à l'éclairage de ma lanterne : elle m'est fort utile.

Amitiés.

10. marielinedelay (site web) 23/08/2012

Cher Brahim,

Je n'ose me permettre de comparer mon écrit à celui d'une aussi grande dame que Barbara, je m'en tiendrai donc à sa chanson "Nantes" Elle parle effectivement de la nécessité pour un parent de rejoindre la sérénité (...) par la présence de son enfant. Si l'histoire est vraie... on peut penser même que c'est un pardon qui est attendu dans cette chanson.

(...) Depuis qu´il s´en était allé
Longtemps je l´avais espéré
Ce vagabond, ce disparu
Voilà qu´il m´était revenu (...)

J'imagine que cette attente était réciproque, car quelqu'en soient les non-dits, il y a forcément un lien inaltérable entre parents et enfants, bien au-delà des silences et des absences.

J'espère avoir pu t'aider un peu.
Avec toute mon amitié
Au plaisir de te lire
Marie-Line

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